M comme : Métiers, Moselle, Malgré-nous
Par Pascal Pariset le vendredi 14 octobre 2022, 00:01 - KLMN - Lien permanent
Métiers
Suite de la trilogie LMN avec les métiers. Voici un aperçu des métiers relevés jusqu'au XIXe siècle :
La majeure partie de la population exerçait des métiers agricoles : journalier, manœuvre, berger, pâtre, laboureur, cultivateur, meunier.
Un groupe moins important est celui des métiers du bâtiment : maçon, tailleur de pierre, menuisier, charpentier, couvreur.
À peu près aussi répandus, les métiers de l'habillement : tisserand, tailleur d'habits, couturière, cordonnier.
Plus rare, d'autres métiers d'artisans, surtout pour les moyens de déplacement de l'époque : forgeron, maréchal ferrant, charron, sellier.
D'autres métiers de l'alimentation : boulanger, aubergiste, cabaretier, tonnelier.
Encore plus rare, ce qu'on peut regrouper dans les métiers de services, dont une partie font fonction d'autorité : instituteur, domestique, servante, sage-femme, maire, militaire, soldat, prêtre.
Localement, on peut trouver des métiers spécifiques, je dévoile déjà que nous en évoquerons un vers la fin de l'alphabet...
Retraité ou pensionnaire, ce n'est pas un métier, le généalogiste doit chercher et retenir le métier exercé.
Moselle
Plus que la région, un arrondissement s'intègre d'abord dans un département, et celui qui me concerne en premier est la Moselle : tout est dit sur Wikipedia.
De 1870 à 1918, la Moselle a partagé avec l'Alsace le triste destin d'être annexée à l'Allemagne : Alsace-Lorraine de 1870 à 1918. Et le point suivant détaille un épisode de ce pan de notre Histoire commune.
Malgré-nous
Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'Alsace et la Moselle sont annexées à l'Allemagne nazie. Le 25 août 1942, par décret du Gauleiter, les jeunes Alsaciens et Mosellans sont contraints au service militaire dans l'armée allemande : cette date marque le début de l'incorporation de force.
Malgré les terribles représailles exercées en cas de capture, 12 000 jeunes gens ont pris la fuite. D’autres recrues qui refusèrent de porter l'uniforme allemand furent emmenées en redressement dans le camp de sécurité de Schirmeck. Cette répression extrêmement brutale incita la plupart des Malgré-nous à se résigner et répondre à l'ordre d’appel.
Ainsi, plus de 103 000 Alsaciens et 31 000 Mosellans se retrouvèrent incorporés de force. La plupart ont été affectés dans la Wehrmacht, mais de nombreuses classes ont été versées d'autorité dans la Waffen-SS (les divisions qui comptaient de nombreuses pertes lors des combats.) Pour limiter les désertion, ils étaient souvent envoyés sur le front de l'est (Pologne, Roumanie).
On estime a 24 000 les Malgré-nous morts au front, à 16 000 ceux morts en captivité dont environ 3 à 6 000 au camp soviétique de Tambov.
Citons le parcours de mon grand-oncle Victor Simon :
né en février 1921,
incorporé le 30/10/1939 au service du travail obligatoire, puis incorporé dans l'armée allemande,
le 17/1/1943 à Braunau am Inn (Autriche),
marié en juillet 1943 à Sarreguemines,
le 30/9/1943 à Hradisch (Hongrie),
envoyé le 20/10/1943 vers la Russie,
décédé le 12/11/1943 à Petriski (près de Minsk en Biélorussie).
Il était le dernier porteur masculin du nom, qui disparaîtra ensuite du village.
sources : Au pays de Sarrebourg n°30, paru en 2016, et autres publications.